NEZAVISNE NOVINE

Bosnie : les séquelles des bombardements à l’uranium appauvri

TRADUIT PAR SELMA KULJUH
Publié dans la presse : 11 janvier 2007
Mise en ligne : mardi 13 février 2007


Comme le Kosovo et la Serbie, la Bosnie-Herzégovine a été frappée par les munitions à uranium appauvri. L’OTAN avait essentiellement bombardé des positions militaires serbes. Les conséquences de ces bombardements sur la santé sont de mieux en mieux connus : de nombreux soldats italiens ayant servi dans les Balkans souffrent de cancers des ganglions lymphatiques. Qui va financer le nettoyage des sites bombardés ?

Par D. Risojevic

« Le gouvernement de la Bosnie-Herzégovine doit demander l’aide de l’OTAN pour le nettoyage des lieux ayant été exposés aux effets des munitions à l’uranium appauvri », a déclaré Jelena Durkovic, ancienne présidente de la Commission de la recherche du Parlement de Bosnie-Herzégovine. 

Alarmée par l’annonce du taux élevé de mortalité parmi les soldats italiens qui ont servi dans les forces armées de l’OTAN dans les localités concernées, Jelena Durkovic a précisé que le gouvernement de Bosnie-Herzégovine devait passer à l’action et commencer le nettoyage des sites contaminés. 

Jelena Durkovic dirigeait auparavant la commission du Parlement de Bosnie-Herzégovine consacrée à l’étude des effets de l’uranium appauvri ainsi que de ses conséquences sur la population. Elle estime que l’Agence des radiations ionisantes formée par la Commission de la recherche devrait examiner tous les rapports sur les effets de l’uranium appauvri sur l’environnement et sur la population, après quoi il faudrait entreprendre le nettoyage du terrain contaminé. 

« C’est l’OTAN qui devrait financer le nettoyage car, en fin de compte, c’est l’Alliance atlantique qui a créé ce problème », précise Jelena Durkovic. 

Selon les informations fournies par les associations d’anciens militaires italiens, plus de 50 soldats ayant servi dans les forces armées de l’OTAN en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo sont morts, tandis qu’on compte plus de 200 malades. 

On a mené plusieurs recherches en Bosnie-Herzégovine sur ce sujet mais, pour l’instant, sans établir de lien très net entre le taux élevé de cancer dans certaines régions et les effets de l’uranium appauvri. On a souvent cité le cas des réfugiés de Hadzici à Bratunac qui, juste après la guerre, mouraient en grand nombre du cancer. Slavica Jovanovic, employée au centre de santé local de Bratunac, a constaté que le taux de mortalité des habitants de Hadzici était deux fois plus élevé que celui de la population locale. Auparavant, les autorités de Bosnie-Herzégovine avaient découvert 14 localités qui avaient été exposées aux effets de l’uranium appauvri. Cela a été confirmé par les recherches de l’agence des Nations unies. 

En général, il s’agit d’anciennes positions tenues par l’armée de RS ainsi que des usines des munitions aux alentours de Sarajevo, exposées au bombardement des forces de l’OTAN. Le rapport des experts médicaux rédigé en 2002 pour le ministère de la Défense italien a révélé qu’un grand nombre des soldats ayant servi dans les Balkans ont été victimes de maladies malignes des ganglions lymphatiques. Il en va de même pour les vétérans de guerre en Belgique, en Espagne, en Portugal et aux Pays-Bas. 

La Grande Bretagne et les États-Unis ont reconnu que l’inhalation de poussière d’uranium appauvri pouvait nuire à la santé, mais que le danger était passager et localisé.