Liste de diffusion : Damnés du Kosovo 


Faut-il tuer la Serbie ? 

Le processus est bien entamé, mais il n’est pas fini. L’opinion publique est à tel point préparée à sa mise à mort que personne, dans aucun pays, ne pourra crier au scandale. La Russie ? Pensez vous, la Russie s’occupe de ses affaires ! La Serbie ne vaut pas la peine de se fâcher contre «l’ordre planétaire établi». 

 

Utilisée comme une mèche pour allumer la Grande Guerre de 14-18, la Serbie, aujourd'hui agonisante, est goulûment observée par les pays des ex-Empires disloqués par ce conflit. Son rôle de petit caillou dans la grosse chaussure d’Hitler et de ses alliés balkaniques, n’a plus de valeur marchande dans le nouveau marketing politique. En s’opposant à la dislocation de la Yougoslavie, elle s'est attirée les foudres du Nouvel Ordre Mondiale et ses investisseurs, ses banquiers et autres gestionnaires de bulles financières qui vont pouvoir piller plus facilement ce territoire...  balkanisé. 

La réaction de Milosevic face à l’insurrection des Albanais du Kosovo a finalement donné le feu vert aux missiles de l’OTAN pour détruire, durant trois mois, des ponts et des ateliers de production dans tous les coins de la  Serbie. La mort, la désolation et la misère ont hanté ce pays maudit par tous. Des centaines de milliers de réfugiés ont fuit la Croatie, la Bosnie et le Kosovo pour se réfugier dans la Mère Patrie où ils ont croupi dans des gymnases et des salles de fêtes de villages, abandonnés par tous. 

Milosevic ayant été désigné unique coupable de cette tragédie collective, la «communauté internationale» a posé ses conditions : «Il ne peut y avoir de libération du peuple sans contribution du peuple.» Grâce au «soulèvement d'octobre» qui a balayé cet ennemi public numéro 1, Carla del Ponte a eu la joie de détenir dans ses geôles le «Boucher des Balkans». Enfin, la sortie du tunnel pour les citoyens de ce petit pays ? 

Mais non, pas si vite ! Il faut maintenant amputer la Serbie du Kosovo, soit 15% de son territoire. En pourquoi s’arrêter en si bon chemin, sachant que la composition de la population serbe ressemble étrangement à celle de l’ex-Yougoslavie. Pour quelle raison des Hongrois, des Croates, des Bosniaques, des Roms ou d’autres n’auraient- ils pas le droit de demander l’indépendance et se séparer ainsi de la Serbie ? L’étymologie du terme balkanisation aurait ainsi trouvé son sens profond. L’existence de différentes religions dans ce pays multiethnique pourrait être une autre clef pour ouvrir la porte de nouvelles démarches d’indépendance...

L’Histoire reconnaîtra les erreurs des uns et des autres, mais hélas, elle n’empêchera pas l’asphyxie de ce peuple fier et assoiffé de liberté, aujourd’hui abandonné par tous. 

Dragan Kotarac


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Comité pour la paix en (ex)-Yougoslavie
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